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Concours de la Résistance et de la Déportation 2015 Voyage des lauréats dans le Vercors (27 mai 2015)

samedi 30 mai 2015, par Administrateur

Dans le cadre du Concours de la Résistance et de la Déportation 2015, les lauréats des collèges et Lycées des Alpes-de-Haute-Provence ont été conviés avec leurs professeurs par l’UFAC (Union Française des associations de combattants et victimes de guerre) sous la conduite de M. Gérard BERTHOLET à un voyage dans le Vercors, haut lieu de la Résistance. Lucille D. et Solène R., élèves de troisième du collège Mont d’or, respectivement 1er et 3e prix départementaux individuels, ont pu découvrir le village de Vassieux-en-Vercors (Drôme) détruit par les nazis lors de l’attaque aéroportée surprise avec des planeurs à croix noires de la Waffen SS le 21 juillet 1944. Le village est totalement détruit. Les combats sont acharnés. Les résistants ne peuvent contenir un ennemi plus nombreux et mieux armé bénéficiant de l’effet de surprise. Seul subsiste en l’état le clocher de l’église de Vassieux. Le village sera entièrement reconstruit en 1945 et le titre de « compagnon de la Libération » lui sera décerné par le général de Gaulle pour son rôle éminent dans la libération de la France au même titre que Paris, Nantes, Grenoble et l’île de Sein. Le site de Vassieux, un plateau montagnard à 1000 mètres d’altitude dominé par les hauts sommets du Vercors, balayé par des vents du Nord, couvert de neige en hiver, est d’une rare beauté. La visite du Musée de la Résistance à Vassieux a permis aux élèves de découvrir la vie quotidienne dans les maquis et de suivre le destin de grandes figures locales, martyrs de cette terre de liberté qui ose rétablir début juillet 1944 la République dans le Vercors contre la volonté de Vichy et contre celle de l’occupant nazi. Léa Blain, jeune et ravissante femme de 23 ans morte début août les armes à la main dans sa fuite au-dessus de Villard-de-Lans, Jean Prévost, alias « capitaine Goderville », écrivain, brillant normalien, ami de Saint-Exupéry, traqué, réfugié dans une grotte pendant huit jours sans nourriture et victime lui aussi d’une embuscade après une longue marche épuisante en direction de Grenoble, Arlette Blanc, jeune fille de Vassieux âgée de 12 ans décédée au terme d’une longue agonie de plusieurs jours dans les ruines de sa maison de Vassieux aux côtés des cadavres de sa famille, le médecin Fischer, arrêté à la grotte de la Luire puis fusillé à Grenoble pour soins à des blessés de la Résistance, Philippe Saint André, jeune instituteur résistant de La Chapelle-en-Vercors, fusillé dans la cour éponyme, le lieutenant Chabal du 6° Bataillon de Chasseurs Alpins qui se sacrifie à Valchevrière les 22 et 23 juillet 1944 pour retarder l’avancée de l’occupant, autant de destins individuels tragiques qui vont sceller le drame collectif du Vercors - une terre de mémoire érigée en panthéon -et la portée de son héritage. Des stèles des plaques, des croix, des monuments rappellent sur les routes, sur les cols, dans les forêts les évènements tragiques du Vercors et le sacrifice de ces jeunes maquisards « montés au Vercors » depuis début 1943 - une moyenne d’âge de 24 ans - avec des passeurs. Les résistants, souvent réfractaires au STO, rejoignent un territoire perçu comme une citadelle de la liberté, prélude de la Libération totale du territoire. Cette génération, portée par le souffle de l’esprit de Résistance, fait l’objet d’une répression féroce. Les atrocités commises sans distinction sur des civils et sur des résistants en cet été 1944 par 15 000 soldats nazis sont d’une rare ampleur, à preuve la nécropole de Vassieux. Après un déjeuner à Vassieux dans un restaurant avec les incontournables ravioles du Dauphiné – introduire de la légèreté et de la convivialité dans une journée émouvante -, la visite s’est poursuivie à la Chapelle-en-Vercors, autre village martyr situé à sept kilomètres au sud de Vassieux. Le 25 juillet 1944, les Allemands qui ratissent le Vercors à la recherche des maquisards exigent du maire et du curé le nom des « terroristes ». Face à leur refus, les habitants sont séparés en deux groupes, femmes, enfants et hommes âgés d’un côté, hommes jeunes de moins de 40 ans de l’autre. Ce dernier groupe de 16 personnes sera fusillé dans la cour de la ferme Albert, dite « cour des Fusillés ». La ferme Albert au même titre que 155 bâtiments sur 163 sera ensuite incendiée. Les deux villages de Vassieux et de La Chapelle reflètent un Vercors qui ressemble désormais à une terre de désolation avec une résistance écrasée qui doit se disperser. Les nazis ont fermé les accès terrestres de la citadelle du Vercors. Le drapeau tricolore qui flottait en juin sur le Moucherotte au dessus de Grenoble occupée, la célébration de la fête du 14 juillet 1944 à Saint-Martin-en-Vercors avec la Marseillaise et la restauration des valeurs « Liberté, égalité, fraternité » sont désormais de lointains souvenirs. Le 27 juillet 1944, les crimes contre l’humanité trouvent leur sanglante illustration à la grotte de la Luire, dernier lieu de visite de la journée. Un hôpital de fortune s’est replié dans une cachette, un immense porche naturel d’une résurgence hydrologique nichée dans un écrin forestier sur la commune de saint Agnan-en-Vercors. Bénéficiant sans doute de complicités locales et d’une connaissance fine de la géographie, les nazis découvrent le lieu. Les blessés, une vingtaine, seront achevés sur place sur leur brancard Seuls quatre soldats allemands blessés échappent à ce sort tragique. En dépit de leur intervention, les sept infirmières seront déportées à Ravensbruck et les deux médecins ainsi que l’aumônier jésuite seront transférés puis fusillés à Grenoble le 10 août 1944. Le témoignage de M. BERTHOLET, jeune adolescent témoin des évènements du Vercors, a été précieux. Les lauréats ont fait montre d’un sérieux remarquable dans tous les hauts lieux visités. Le CNRD revêt ici tout son sens, celui d’un hommage rendu à ces combattants de la Liberté, et appelle à une réflexion sur les formes de résistances contemporaines. Le Vercors à travers ses lieux de mémoire possède indéniablement une valeur universelle de témoignage.

Philippe VAUDOUR, professeur d’Histoire-Géographie (CNRD 2015)

Le port du brassard, insigne de la Résistance
(avec ici la Croix Lorraine, symbole de la France Libre)

 

 La nécropole de Vassieux-en-Vercors (en arrière plan , les cols du Vercors, les " pas" contrôlés par les nazis)

Les lauréats départementaux du CNRD 2015 devant les restes d’un planeur (utilisé par les nazis le 2I juillet 1994 à Vassieux-en-Vercors)

La cour des Fusillés à La Chapelle-enVercors (Drôme)

 

La Chapelle-en-Vercors reconstruite en 1945 :

 

 La grotte de la Luire, hôpital de la Résistance du 22 au 27 juillet 1944 (St-Agnan-en-Vercors, Drôme)

 

 

 
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